Hôtel pour abeilles [un coup de pouce à nos bienfaitrices]

dimanche, août 23, 2015

Pourquoi parler des abeilles?

Parce qu'elles tiennent un rôle crucial dans la chaîne alimentaire. En effet, environ 40% des produits que nous consommons dans nos assiettes sont directement ou indirectement le fruit du travail de ces petits pollinisateurs. Elles participent à la mise au monde de nombreux fruits et légumes grâce à leur travail minutieux. Un travail qui nourrit bon nombre d'animaux, incluant les humains. Si elles venaient à disparaître, plusieurs aliments viendraient à disparaître également. C'est sans parler de la flore en général, dont la pérennité serait grandement menacée.

Ça fait quelques années que j'entends parler du déclin de ce petit insecte qui m'a longtemps effrayée. À une certaine époque, je mettais tous les insectes rayés dans la même catégorie, qu'il s'agisse d'une abeille, d'une guêpe ou d'un bourdon. Tous des insectes piqueurs, tous des méchants! Sans parler du risque d'allergie relié aux piqûres d'abeille. Sans distinction, je les fuyais, je les haïssais. Jusqu'à ce que j'aie plusieurs nids de guêpes chez moi...

Je me suis alors renseignée sur mes squatteuses, démarche qui m'aura notamment permis d'apprendre à différencier les guêpes des abeilles. À mieux comprendre leur comportement également. Pour finalement, me rendre compte qu'en fait, les abeilles n'ont rien de bien méchant! Vous n'avez qu'à faire une petite recherche dans Google pour apprendre à reconnaître l'abeille.

Cet été, aux abord d'un champs fleuri, j'ai pu observer de près des abeilles à l'oeuvre. J'ai repoussé mes craintes et mes limites et je me suis approchée très près d'elles. Finalement, je les trouve très attachantes! J'ai aussi compris, en observant leur morphologie, que tous ces insectes aux rayures jaunes qui m'ont embêtée toute ma vie n'étaient pas des abeilles. En fait, les abeilles ne demandent rien à personne et n'embêtent personne. Elles font sagement leur boulot duquel découle de grands bénéfices pour de multiples espèces. 

C'est ainsi que les actualités à leur sujet m'ont de plus en plus rejoint. On estime qu'en moyenne, au Canada, les apiculteurs perdent 25% de leur population d'abeilles par année. Le froid? La pollution? Le manque d'espaces à polliniser? Non. Le coupable : les insecticides

Il ne m'en fallait pas plus pour monter aux barricades! 

Le danger des insecticides et des néonicotinoïdes

Les monocultures... on peut les observer partout. Un champs de maïs à perte de vue à gauche, à droite, du canola qui s'étend sur des acres et des acres... Une méthode d'agriculture qui présente peut-être des avantages, mais qui présente aussi un bon nombre d'inconvénients. Un des principaux étant que ce type de culture est beaucoup plus propice à être infesté. Et si infestation il y a, perte énorme il y a, car pour l'agriculteur, un champs perdu constitue un drame. Heureusement, l'industrie a prévu une solution : les insecticides. 

Les insecticides me font un peu penser aux lingettes Lysol. "Tue jusqu'à 99,9% des [...], pour une propreté sans égal."

À trop rendre tout stérile, on va causer notre perte et celle de la planète... 

Les néonicotinoïdes ont le side effect suivant : ils tuent les abeilles à petit feu en s'attaquant à leur système nerveux. Un petit problème auquel on avait pas pensé... 

Comment aider les abeilles?

Pour le citoyen moyen, les recours sont un peu limités. Acheter bio est déjà en soit une bonne initiative. Cela dit, le bio connait une limite importante : le budget des citoyens. En effet, on aura beau avoir toute la bonne volonté du monde, le bio est encore trop cher pour convenir à toutes les bourses. J'en achète assez souvent, mais il est clair que ça n'occupe pas tout l'espace de mon frigo, je n'en ai tout simplement pas les moyens! 

Puisque les abeilles domestiques sont liées à un secteur et à une ruche, il est un peu difficile de leur apporter notre soutien. En contrepartie, les abeilles sauvages, elles, nichent un peu partout et il est donc plus facile de leur venir en aide. 


Hôtel à abeilles

C'est ainsi que j'en suis venue à construire des hôtels pour les abeilles. On les nomme ainsi, car un des usages principaux est effectivement très semblable à celui d'un véritable hôtel, soit y passer la nuit. En effet, les abeilles sauvages ont parfois besoin d'un endroit pour nicher loin des prédateurs. C'est également un bon refuge pour passer l'hiver!

Une autre des utilisations qu'elles peuvent en faire c'est une pouponnière. Ainsi, au printemps, l'hôtel à abeilles peut s'avérer un lieu de ponte de choix pour ces petites ouvrières. J'ai d'ailleurs lu que lorsque ça se produit, c'est plutôt fascinant à observer.

Elles commencent par pondre leurs œufs par les ouvertures, qu'elles bouchent ensuite avec de la boue. Lorsque les œufs ont éclot et que les petits sont prêts à s'envoler, il leur suffit d'ouvrir la porte et de partir à l'aventure. Ainsi, lorsqu'on est un tant soit peu observateur, on peut assister à ce joli spectacle!




La construction d'un hôtel pour abeilles

La construction est en soit assez simple, de nombreux modèles existent sur le net, c'est d'ailleurs au fil de mes recherches que j'ai pigé mon idée. Je m'en suis tenue à une canne de conserve, des tuteurs en bambou coupés à la bonne longueur, le tout fixé à une tige de métal qu'on a recyclé d'un ancien abri soleil. 


J'ai choisi de ne pas faire de DIY étape par étape, car je ne suis pas sans savoir que tout le monde n'a pas le même matériel que moi à disposition. Mon but était surtout de fabriquer mes hôtels avec des matériaux que j'avais déjà à disposition [la conserve, les tiges de métal, la peinture] et des matériaux peu coûteux et écologiques [les tiges de bambou]. Acheter tout un tas de trucs n'aurait pas été écologique. Réutiliser et recycler, c'est la clé!

Voilà! J'espère avoir pu vous sensibiliser au sort de nos abeilles et vous avoir donné envie de bricoler pour ces petits insectes précieux!

Restez-vous encore un peu?

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