Premiers pas végés

lundi, novembre 23, 2015

S'il est un sujet difficile à aborder, c'est le végéta*isme. Personne n'en a la même définition, personne ne le vit de la même façon. Je souhaite aborder avec vous mon propre parcours, à la fois comme un journal de bord, mais aussi pour vous transmettre les informations que j'accumule et qui sait, inspirer une personne ou deux?


Car de l'inspiration, il en faut quand on opère un si grand changement dans sa vie. C'est pourquoi nous reprendrons mon parcours du début, sans non plus en faire une psychanalyse. Mais juste parce que je ressens le besoin de démontrer, à ceux qui seraient en réflexion, que changer, ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais alors là, absolument pas! Et ça, c'est bon pour n'importe quel changement, qu'on parle d'arrêter de fumer ou se remettre au sport! Il faut attendre d'être prêt, y avoir bien réfléchi et surtout, ne pas le faire pour ou à cause des autres. Par pour les autres, j'entends pour faire plaisir, pour plaire, pour projeter une image et par à cause des autres, j'entends là par pression, par obligation...

Petit lexique du monde végé

D'abord, je veux définir quelques termes avant de me lancer dans le vif du sujet. Ces définitions sont de mon cru et définissent mon vocabulaire pour l'article qui suit et les articles qui suivront:
    • Flexitarisme, flexitarien : terme désignant une régime/une personne qui consomme rarement de la viande, excepté dans certaines occasions comme dans les situations sociales [repas familial, restaurant, etc.] Cela ne l'empêche pas de consommer d'autres produits d'origine animale comme par exemple du fromage, du lait, des oeufs, etc. On peut voir le flexitarien comme un individu qui débute une prise de conscience, que ce soit au niveau de sa propre santé, de la santé de la planète ou du bien-être des animaux.
    • Végétarisme, végétarien : qui ne consomme aucune viande. Consomme occasionnellement des aliments d'origine animale comme du fromage, du lait, des oeufs. Souvent le point de départ des gens qui progresseront vers le végétalisme ou ultimement le véganisme.
    • Végétalisme, végétalien : l'individus a rayé de son alimentation tout élément d'origine animale. Ses repas sont exempts de quoi que ce soit qui implique souffrance, asservissement animal.
    • Véganisme, végane : le mot le plus dure à orthographier tant personne ne s'entend sur comment l'écrire et comment le prononcer! En bref, c'est le niveau ultime. Cette personne a rayé de tous les aspects de sa vie l'abus animal, que ce soit en alimentation, au niveau vestimentaire [ex : laine], cosmétique [tests sur les animaux] etc. 
Quand on tombe dans le végé, il y a plusieurs écoles de pensée. Il y a aussi beaucoup de personnes militantes. Et certaines plus extrêmes que d'autres. Certains vont trouver absurde de poser des étiquettes. Personnellement, je trouve que ça simplifie les choses. Surtout qu'à travers tous ces modes de vie s'entrecroisent d'autres types de régimes comme le frugivorisme, le crudivorisme... Il y a de quoi remplir tout un bouquin juste à définir tous ces mots! 

Personnellement, je ne crois pas détenir la vérité absolue. Certains acteurs du web, que ce soit via les médias sociaux, les blog ou Youtube voudront vous convaincre que leur mode de vie est LE MEILLEUR. Je n'ai pas cette prétention. Si je peux sensibiliser une personne au sort des animaux, j'aurai déjà atteins mon but. Je n'ai pas l'intention de vous dire comment mener votre vie. Je veux simplement me confier sur comment ma vie est en train de changer, pour le mieux, je crois. 

Mon historique

Tout d'abord, je ne surprendrai personne en vous confiant que la nature et les animaux, ça a toujours été important et précieux pour moi. Toute petite, dans ma banlieue aux maisons bien cordées, je rêvais de nature, d'aventure et ultimement, je souhaitais vivre sur une ferme. À 10 ans, je connaissais déjà mon petit guide d'ornithologie par coeur. J'aidais ma maman au jardin. Je partais régulièrement en "excursion" dans les petits boisés pas si loin de chez moi. Nous avons eu plusieurs animaux domestique que j'affectionnais énormément. 

Source : http://www.wikia.com
Ma première réflexion sur le sort des animaux s'est fait en regardant l'épisode des Simpsons dont est tirée l'image ci-haut. Cet épisode où Lisa établit le lien entre les côtelettes d'agneau qu'elle mange et les agneaux qu'elle a vu à la ferme plus tôt dans la journée. Je devais être dans les alentours de mes 12 ans... Ça a ensemencé mon esprit, mais ne m'a pas tout de suite portée au changement, puisque à cet âge, tu prends ce que maman te met dans ton assiette et tu fermes ta gueule. 

Plus tard, j'ai vu une scène dans un téléroman situé début 1900 où ils déplument des poulets pour les manger. Cette image aussi m'a beaucoup marquée. J'ai commencé à me dire que la viande, ça va tant qu'on ne sait pas d'où ça vient. Est-ce que moi, je serais capable de tuer et déplumer un poulet? Non. S'en sont suivies quelques discussions musclées avec mes parents à ce sujet. Bien sûr, je n'ai pas gagné. "Il faut de la viande pour être en santé, l'humain en a toujours mangé, blablabla et c'est tout!" Je ne blâme pas mes parents pour ce discours. Ils ont toujours fait de leur mieux pour qu'on ait une alimentation variée et santé et je leur en suis reconnaissante. Mais pour la viande, l'opinion n'est pas partagée. 

J'évitais tout de même le plus de viande possible dans l'assiette, en repoussant les morceaux de viande hachée dans la lasagne et le spaghetti par exemple. Je manquais évidemment de subtilité et je sentais la désapprobation de mes parents, cela ne m'empêchait pas de râler quand on mangeait du steak. Ou je carrément jeter la viande dans mes lunchs à l'école et ne manger que les accompagnements.

Il aura néanmoins fallut attendre mes 20 ans avant que je n'opère de réels changements. J'ai commencé à bosser à temps plein, ce qui impliquait de me préparer des lunchs et manger souvent à l'extérieur. Ainsi, bien qu'étant encore domiciliée chez mes parents, je mangeais de moins en moins de viande, préparant moi-même au moins la moitié de mes repas. Ainsi, de 20 à 22 ans, j'ai mangé de manière plutôt flexitarienne, soit très peu de viande dans une semaine, privilégiant légumes, grains et légumineuses.

Puis tout a changé lorsque j'ai rencontré celui qui est devenu l'homme de ma vie. Quand nous nous sommes installés ensemble, j'ai évidemment perdu mes repères. Bien qu'il soit souple et compréhensif, je ne voulais pas lui imposer mes préférences alimentaires. Je suis donc revenue vers la viande et les plats plus traditionnels. Les recettes de mes parents. Boulettes de viande, brochettes de poulet, etc. Ça ne m'a pas empêchée au fil de années de poursuivre ma réflexion. Je l'ai d'ailleurs très souvent partagée avec mon chéri. Son ouverture m'a beaucoup aidée dans ma démarche. "Tant que c'est bon au goût, je suis prêt à goûter à tout" me dit-il à maintes reprises. Et pourtant, même devant autant de facilité, j'ai longtemps hésité avant de faire le grand saut!

C'est donc à 25 ans et toutes mes dents que j'entame pour la première fois un mode de vie végétarien. Ça fait 4 jours que je n'ai pas mangé d'animal mort [à l'exception d'un repas au resto en famille... et aucune option végé sur le menu!! Grr!!]

Il n'y a pas de méthode magique pour faire le grand pas. J'ai attendu de sentir que j'étais prête. Que mon corps était prêt. Ça a été long, mais je sens que c'est le bon moment. Le moment où une barquette de viande hachée me donne la nausée. Le moment où découper du poulet pour en faire un sauté me fait frissonner d'horreur. Le moment où les légumes et les fruits, les graines et les légumineuses me semblent tout droit sortis du paradis.

Marguerite Verte et la nature, une longue histoire d'amour.
J'ai commencé à intégrer les substituts de viande dans les repas partagés avec mon amoureux. On a testé des saucisses italiennes sans viande et c'était simplement délicieux et très versatile avec une bonne imagination. En salade, sur pizza, grillées à la poêle, nous avons su les apprêter de plein de façons. Cela dit, monsieur est rebuté par les légumineuses alors quand j'ai testé la savoureuse recette de Quinoa Mexicain de Jule, disons que je n'ai pas connu un aussi grand succès. Il a donc préparé un petit plat pour lui pendant que je me délectais de ce délicieux quinoa. 

Jusqu'à maintenant, nous tenons un bon équilibre je crois. Le plus dur, c'est de trouver des recettes qui nous plairons aux deux, parce que on va se le dire, préparer des repas en deux versions c'est quand même un peu plus compliqué et salissant. 

Je sens vraiment que c'était le bon moment pour agir, j'étais physiquement et émotionnellement prête.

Voilà pour le petit historique, je vous tiendrai au courant des prochaines péripéties, car il risque forcément d'en avoir [ex: les repas des fêtes qui approchent à grands pas]

Je compte aborder ce sujet sous de multiples angles avec vous, en espérant que cela vous passionnera autant que moi! Bien sûr, puisque je ne fais jamais rien comme les autres, on ne devrait pas s'ennuyer! On se dit donc à bientôt!

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8 commentaires

  1. Bravo pour ce changement ! N'hésite pas à demander dans les restos qui n'ont pas d'options végé s'ils peuvent faire un petit quelque chose à la place, en général ils arrivent à te faire une assiette sympa.
    As-tu essayé les produits Gardein ? Ils sont excellents !
    Bonne continuation :)

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    1. Merci pour les encouragements! :) non je n'ai pas eu la chance de goûter aux produits Gardein mais j'en entends que du bien ! Et pour le resto, oui il faudra que je tienne mon bout!

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  2. Pour apporter ma contribution, ça fait deux ans que régulièrement je diminuais les matières animales, mais il a fallu attendre que je maîtrise suffisamment la cuisine végé (bonjour les ratages au départ-les trucs immangeables) et puis je crois que le déclic a été les images de abattoir d'Alès. Ça fait plus d'un mois que pour l'instant je n'ai pas consommé ni viande ni poisson, très peu de fromage et quelques œufs seulement.
    Je cuisine deux plats, car mon compagnon est omnivore, mais je ne ressent aucun manque pour l'instant.
    Bon courage, et bravo pour cette décision!

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    1. Comme tu l'explique, c'est toute une transition notamment au niveau des recettes! Avec le temps le carnet va se remplir j'imagine! :)

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  3. Hello & bravo pour ce changement ! Même si au début ce n'est pas forcément évident (et je ne parle pas qu'en termes de recettes, les réflexions à encaisser sont parfois dures), tu verras que les habitudes se changent rapidement et que les réflexes arrivent très vite ! Il y a beaucoup d'inspirations à trouver du côté de Pinterest et d'Instagram, sans compter les nombreux blogs culinaires (et pas que). Bonne continuation :)

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    1. Merci pour les encouragements et les conseils, en effet je compte bien jeter un oeil via Pinterest!!

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